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Littérature

Phélippot Le cat

Comme promis, des éléments pour une présentation de « Phélippot Le cat », roman de 212 pages. Je lui fais entre autres rencontrer Olivier Basselin, truculent poète Virois des débuts du 15° siècle.

BASSELIN (Olivier), chansonnier normand du XVe siècle, né à Vire, où il possédait un moulin à foulon, de l’exploitation duquel il vivait. Cette usine, dont on voit encore les restes, a conservé le nom de Moulin Basselin ; elle se trouve sous le coteau des Cordeliers, tout près du pont de Vaux.
On ne sait que peu de chose de la vie d’Olivier Basselin, appelé familièrement le Bonhomme, comme La Fontaine. Adonné aux plaisirs de la table, au vin et au cidre, il employait ses loisirs à rimer des chansons naïves qui, à cause du pays, reçurent le nom de vau-de-Vire (d’où l’on fait dériver celui de vaudeville mais les avis sont partagés sur cette question).
Basselin n’était point illettré, comme quelques biographes l’ont prétendu ; il savait le latin, avait voyagé et avait été soldat. Deux vers de Jean Le Houx nous apprennent que Basselin eut beaucoup à souffrir de la guerre de 1450, qui eut lieu entre les Anglais et Charles VII. Sa fabrique fut ruinée lors du siège de Vire, et, plus tard, sa famille le voyant trop adonné au cidre et à la bonne chère, le fit interdire. Il s’ensuivit un procès, rappelé par ces deux vers du XXVIIe vau-de-Vire :

Bon sildre oste le soussy
D’ung procez qui me tempeste.

Le pauvre foulon se lamentait d’une façon aussi ingénue que touchante (38e vau-de-Vire) :

Hélas ! que fait ung povre yvrongne ?
Il se couche et n’occit personne
Ou bien il dict propos joyeulx.
Il ne songe point en uzure,
Et ne faict à personne injure,
Beuveur d’eau peut-il faire mieulx ?

Vau-de-Vire, I. Ms Polinière, édition Gasté.

Si souvent en nos repas,
À la façon ancienne
De nos pères gros et gras,
Nous chantons, chascun la sienne,
C’est pour chasser le soucy
Qui nous peut donner ennuy
.
Vau-de-Vire, IV. Édition de 1833

J’ay recours au bon vin comme à ma médecine.
Faulte de mieux, de bon pommé
Bien soubvent je prens une doze.

Vau-de-Vire XXVIII. Édition de 1833.

… du sildre il fault boire…
N’ayant guère d’argent.

LA FAUTE D’ADAM.
Adam (c’est chose trop notoire)
Ne nous eust mis en tel danger,
Si, au lieu du fatal manger,
Il se fust plus tost pris à boire.

C’est la cause pour quoy j’évite
D’estre sur le manger gourmand.
Il est vray que je suis friand
De vin, quand c’est vin qui mérite.

Et partant, lorsque je m’approche
Du lieu où repaistre je veux,
Je vais, regardant curieux,
Plus tost au buffet qu’à la broche.

L’œil regarde où le cœur aspire,
J’ay cuy par trop oeilladé.
Verre plein, s’il n’est tost vuidé,
Ce n’est pas un verre de Vire.

Une autre pièce, plus souvent citée, est celle qui a pour titre : A mon nez. En voici les deux premières strophes :

Beau nez, dont les rubis ont cousté mainte pipe
De vin blanc et clairet,
Et duquel la couleur richement participe
Du rouge et violet.

Gros nez ! qui te regarde à travers un grand verre
Te juge encor plus beau :
Tu ne ressembles point au nez de quelque hère
Qui ne boit que de l’eau.

Vire était assiégée, et cette circonstance inspira au chansonnier les trois couplets suivants :

Tout à l’entour de nos remparts,
Nos ennemis sont en furie :
Sauvez nos tonneaux, je vous prie !
Prenez plus tost de nous, soudards,
Tout ce dont vous aurez envie :
Sauvez nos tonneaux, je vous prie.

Nous pourrons après en beuvant,
Chasser notre mélancolie :
Sauvez nos tonneaux, je vous prie !
L’ennemi qui est ci-devant,
Ne nous veut faire courtoisie.
Vuidons nos tonneaux, je vous prie.

Au moins, s’il prend notre cité,
Qu’il n’y trouve plus que la lie :
Vuidons nos tonneaux, je vous prie !
Deussions-nous marcher de costé,
Ce bon sildre n’espargnons mie :
Vuidons nos tonneaux, je vous prie !

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